$(function(){ $('figure.responsive').picture(); }); (function() { var ga = document.createElement('script'); ga.type = 'text/javascript'; ga.async = true; ga.src = ('https:' == document.location.protocol ? 'https://ssl' : 'http://www') + '.google-analytics.com/ga.js'; var s = document.getElementsByTagName('script')[0]; s.parentNode.insertBefore(ga, s); })();
Home

Ducey en 1944

Le destin du commandant Bourdais

Louis Paul Bourdais est né le 22 mai 1918 à la Croix du Bourg au Mesnil-Ozenne. Il est le fils de Charles Bourdais, serrurier mécanicien et de Pauline Armandine Jeanne Lebrun. Le couple vit à Paris mais Pauline est revenue accoucher dans sa maison natale de Normandie. Cet enfant au regard mélancolique que la vie ne va pas épargner, a rendez-vous avec son destin...


Louis Paul Bourdais grandit dans l'affection de sa mère Pauline qui s'éteint prématurément le 2 juillet 1926 à Vanves (Seine), laissant derrière elle, son fils de huit ans dans la douleur. Son père se remarie et l'enfant est confié à sa tante Marie Lebrun. Il est élevé au Mesnil-Ozenne et, en grandissant, il rêve d'aéronautisme. Le certificat d'études en poche, Louis quitte le Mesnil-Ozenne et tente sa chance à Paris où il s'adonne à divers emplois.
A 15 ans, Louis Bourdais passe son premier baptême de l'air au Bourget et paye ses heures de vol en nettoyant les avions du Touring club de Buc. Il décide alors de passer son Certificat d'Aptitude Mécanicien Avion, ce qui lui ouvre la porte d'entrée dans l'armée de l'air. Il fait ses classes à Cazaux en 1937. Nommé rapidement caporal chef, il n'hésite pas à se porter volontaire pour partir en Afrique Occidentale Française, à Dakar puis à Thiès (Sénégal) en tant que chef-magasinier.


A la déclaration de la guerre et suite aux exigences de l'occupant, Louis Bourdais refuse la situation et décide, avec deux de ses camarades Carton et Bertrand, de rejoindre les Forces Françaises Libres en Angleterre.
Dans la soirée du 15 juillet 1940, ils s'évadent de la base de Thiès, sans eau et sans nourriture, et gagnent la Gambie anglaise à 8h du matin le lendemain. A près la descente du fleuve Gambie en canoë, ils atteignent Koudingue dans la soirée, complètement exténués et sont accueillis par des indigènes qui leur offrent une case pour la nuit. Une crise de paludisme surprend les trois hommes. Le lendemain, le gouverneur de Haute-Gambie leur apporte des vivres et les emmène à Georgetown (Ile Mac Carthy). Le 19 juillet, ils gagent la rive droite de l'estuaire de la Gambie, face à Bathurst la capitale, et signent leur engagement auprès du colonel commandant des forces britanniques en Gambie.

En août 1940, Louis Bourdais et ses camarades gagnent Freetown en Sierra-Leone et rencontrent le colonel Leclerc de Hautecloque en route pour la Gambie, qui les fait passer dans les Forces Françaises Libres. Le 4 septembre 1940, ils embarquent sur le S/S ASKA pour la Grande Bretagne.

Dans la nuit du 16 au 17 septembre 1940, à 2h30 du matin, entre l'Île de Rathlin et Rock Maiden, le bateau est attaqué par un bombardier allemand et reçoit deux coups de bombes lourdes à proximité de la salle des machines.Une troisième bombe le frappe de plein fouet et les ordres d'abandonner le navire sont donnés. Le bateau dérive à terre. Six officiers et six hommes sont tués. Louis Bourdais est blessé par un éclat au pied gauche et passe plusieurs heures dans l'eau. Il tente, avec un autre soldat, de soutenir un fantassin qui ne sait pas nager. Mais il est récupéré in extremis par un chasseur de sous-marin de la Royal Navy et débarque en Ecosse à Geenock où il est nommé sergent.

Le 18 septembre 1940, il signe à Londres son engagement définitif dans les Forces Françaises Libres. On lui remet le badge de membres des Forces aériennes de la France Libre. Il est le 88ème à avoir rejoint le Général de Gaulle. Puis il est envoyé en convalescence à Wellingborough.


Louis Bourdais rencontre une jeune Anglaise combattante dans la Royale Air France, Hazel Swain, et l'épouse le 29 mars 1942. Le couple va partager le reste de sa vie entre la France et l'Angleterre.
Attaché à sa Normandie natale et au village qui l'a vu naître, Louis s'éteint en Angleterre le 20 octobre 2012. Il rejoint son épouse décédée le 13 juillet 2009 et enterrée dans le cimetière du Mesnil-Ozenne et repose à ses côtés.


Texte tiré de l'exposition de l'Histothèque Jean-Vitel, Le Mesnil-Ozenne, 2013.

Un sauvetage au Mesnil-Ozenne


Le Mesnil-Ozenne, 20 juillet 1944, 12h40. Alors que les habitants du Mesnil-Ozenne s'affairent aux travaux des champs, un avion apparaît en flammes dans le ciel, laissant échapper un homme en parachute. L'appareil est abattu au-dessus de Marcilly et le parachutiste atterit au village du Manoir au Mesnil-Ozenne, à la grande surprise des habitants témoins.


Walter Costello - © Michel Coupard, Jacques Lecoq et Christophe Lambert, Le sud Manche, Chroniques de la Seconde Guerre Mondiale". Alan Sutton, 2005.

Le lieutenant Walter Costello est officier de l'United States Army Air Forces. Il fait partie d"un groupe de 30 avions bombardiers qui fut touché le 20 juillet 1944 par la flack au retour d'un bombardement de Coblence. En dérivant, son avion s'abbat sur la commune de Marcilly mais l'aviateur saute à temps et atterit dans un champ du village voisin, le Mesnil-Ozenne. Un jeune cherbourgeois réfugié nommé Roger Vrac le conduit vers les habitants travaillant dans le champ voisin. Un habitant, Albert Yvon, envoie sa fille Denise chercher des vêtements. Le soldat américain se change, son uniforme et ses papiers sont camouflés. Des allemands en side-car à la recherche de l'aviateur arrivent et questionnent le groupe. Ils sont immédiatement redirigés vers Marcilly.

A l'initiative d'Albert Yvon, et sur les conseils de l'abbé Bouteiller curé du Mesnil-Ozenne, Walter Costello est confié le lendemain matin, à Martial Fouillard de Marcilly. Il est mis en contact avec Louis Pinson, responsable résistant de la région. Dans l'impossibilité de le faire passer en Angleterre, ce dernier conduit l'américain dans une ferme de Vernix, chez M. et Mme Alain, où il reste caché jusqu'à la Libération.

Walter Costello revient au Mesnil-Ozenne en 1985 où il est accueilli par les habitants de la commune. M. Jozeau-Marigné, président du conseil général, lui remet la médaille départementale.

Témoignages de Ducéens

Lundi 31 juillet 1944, 11h15. Des combats ont lieu entre les américains et les allemands non loin du bourg de Saint-Quentin-sur-le-Homme. L’église est endommagée et les habitations du centre bourg sont détruites. Peu avant 17h00, le bourg est libéré et les chars se dirigent en direction de Ducey sur les hauteurs, pour viser la commune. L’église est touchée, ses vitraux en partie détruits ainsi que le bas-côté mais également, la cheminée d'une habitation située sur la rue du Génie.


Hyacinthe LEROUXEL, gendarme de Ducey, se précipite sur son vélo suivi de Pierre RAULT et pédalent au devant des américains pour les prévenir que les allemands ont déserté la commune. Ainsi la ville est épargnée. Les américains, méfiants, font montés les deux ducéens de chaque côté du premier char dans le cas d’un guet-apens et entrent dans la commune à 17h00. Des hommes stationnent au pied du Pâtis face à la distillerie à proximité du pont neuf et d’autres remontent la rue du Génie en direction de Saint-Hilaire-du-Harcouët. Les derniers soldats allemands se trouvant à l’hôtel du Lion d’or se rendent sans résistance.

Peu avant l’arrivée des américains, un habitant de Ducey, Albert BOUDET 20 ans, démine les deux ponts de Ducey que les allemands s’apprêtent à détruire avant leur départ. Jean Jardin, le directeur de la distillerie de Ducey fait le guet. Le pont neuf est doté de mines anti-chars alors que le vieux pont est miné par des blocs de dynamites. Un allemand le surprend mais Albert réussit à le désarmer et le fait prisonnier, mais ce dernier s’échappe. Il revient alors vers le pont neuf et tombe nez-à nez sur une première patrouille américaine venant de Saint-Quentin-sur-le-Homme. Ces derniers, aperçoivent sa mitraillette, le prend pour un allemand en civile et l’attache à un tilleul de la place du Pâtis. C’est alors que le maire de Ducey intervient, M. René TIZON. Ce dernier obtient sa libération.

Un peu plus haut dans la rue, au carrefour de l’église, devant la place du monument aux morts, les américains tombent sur deux allemands qui sortaient de l’hôtel Montgommery, ces derniers surpris ripostent. Un soldat allemand d’une trentaine d’années est blessé . Un médecin américain accoure alors vers lui pour le soigner mais ce dernier lui tire une balle et le tue. L’allemand est immédiatement abattu. Le corps de l’américain dont on ignore le nom, est emporté puis déposé plus bas dans la rue, sur les marches de la poste (bâtiment disparu aujourd’hui). De nombreux ducéens le couvriront de fleurs pendant plusieurs jours. Le corps de l’allemand est déposé à même le sol, sur la place du Pâtis, et restera ainsi deux jours.

Alors que deux chars américains stationnent au niveau du carrefour de l’église, sous les marronniers de la place du monument aux morts, des enfants viennent au devant d’eux. Des chocolats sont distribués à leur grand bonheur. Soudain, une grande bande noire se dessine au loin en direction de Saint-Hilaire-du-Harcouët celle-ci semble s’avancer en direction de Ducey. Les américains tirent en l’air mais cette dernière continue. Des soldats U.S. se cachent alors dans les fossés de parts et d’autres de la route et d’autres creusent le trou individuel de défense. Des éclaireurs sont envoyés au devant de cette bande noire. Un jeune noir américain prend un jeune ducéen de 10 ans par le col, lui fait un croche pieds et se jette sur lui dans le fond du fossé. Le gamin se débat mais ne peut s’extirper, écrasé par le poids du soldat. La bande arrive en vue, c’est une centaine de soldats allemands arrivant les bras en l’air et se rendant à l’ennemi. C’est une garnison de Saint-Laurent-de-Terregatte qui avait désobéit à leurs supérieurs. Ils sont encadrés par les américains, puis accompagnés jusqu’au Pâtis.
Vers 19h00, quelques uns sont ramenés place de l’église. Ils attendent, toujours les bras en l’air, assis dans les fossés le long de l’église.


Sources :
- Témoignage d'un habitant de Ducey
- Denis Datin, "Le canton de Ducey dans la tourmente (1939-1945)". Mémoire universitaire. Caen, 2002.

Office de Tourisme de Ducey